et d'espace...

... pour quelques articles, photos et interviews collectés au fil de lectures et de pérégrinations en Europe et en Afrique.

 

Mardi 30 janvier 2007

Jan Figel, Slovaque, 47 ans, est Commissaire européen en charge de l'éducation, de la formation, de la culture, des relations avec la société civile et du sport.

Il évoque avec enthousiasme les enjeux de l’année 2007, les 50 ans du Traité de Rome et les 20 ans d’Erasmus.

« La vie, c’est le changement. L’Europe est une cible mouvante ». Enthousiaste et simple, le jeune commissaire en poste depuis fin 2004, insiste sur la responsabilité des citoyens dans la construction européenne. En 2007, la société civile va profiter de nouveaux programmes, « car l’Europe ne bougera pas sans ses 500 millions de citoyens ». Je suis reçue à la Commission. Les pères de l’Europe nous observent du coin de l’œil. Jan Figel a un air de ressemblance avec Adenauer.

 

Citoyens et jeunes

La jeunesse prend par aux débats sur l’avenir de l’Europe. Le programme Erasmus reste de loin le plus renommé. Son budget va tripler (3 milliards d’euros pour les 7 ans à venir, contre 1 milliard, ces 6 dernière années). L’Europe se nourrit de son impact sur les destins individuels des étudiants.

Le processus lancé à Bologne va être intensifié pour améliorer la reconnaissance des diplômes, rendre les système éducatifs et universitaires compatibles. En effet, le dialogue interculturel lie entre elles les sociétés européennes. Il passe néanmoins par l’apprentissage des langues et par l’expérience de la diversité. « Dans les temps d’oppression, les universités étaient fermées ». Jan Figel insiste sur ce symbole :  « nous devons retenir cette leçon de l’histoire, pour renouer avec l’Europe des inventions et de la Renaissance, celle de l’ouverture aux savoirs ».

Les programmes de formation et d’éducation ont d’ailleurs beaucoup d’émules en Europe Centrale, car ils préparent l’avenir. Ambitieux, le programme « l’Europe pour les citoyens » combine citoyenneté et culture. Chaque pays a sa culture, notamment politique. Pour le commissaire, « elles font la richesse de l’Union Européenne, comme 27 morceaux d’une mosaïque ». En Slovaquie, par exemple, la relation à l’Europe est facile, tandis qu’elle est traditionnellement plus sceptique en République Tchèque. « Les deux pays participent aux discussions pourtant autour de la même table, en confiance, c’est l’essentiel ».

La mosaïque élargie

Entre 1998 et 2003, Jan Figel a été négociateur principal pour l'adhésion de la République Slovaque à l’Union Européenne. Ce fut un moment historique au sens propre du terme : « c’est une part d’histoire qui ne se répète pas ». Les négociations d’adhésion ont été difficiles, mais pourtant « inoubliables ». En 1998, la Slovaquie restait exclue du processus d’adhésion, contrairement à la République Tchèque, la Pologne et la Hongrie. De fait, les 15 jugeaient insuffisante la protection des minorités. Aujourd’hui, elles sont représentées à tous les échelons, local, régional, national.

Invitée à Helsinky en 1999, la Slovaquie a quitté « une demi-isolation, dont souffre aujourd’hui la Serbie ». Elle est unie aux autres pays ex-communistes, non par idéal, mais en gage de maturité. Jan Figel précise en effet un enjeu politique essentiel : « L’intégration doit se passer où l’on vit, avec ses voisins, et non a Bruxelles ». Il faut régler les problèmes ensemble, comme ceux liés à l’espace Schengen.

 

La Constitution et le plombier polonais

Pourtant, aujourd’hui, l’Europe à 27 marque la saturation des traités, car aucun pays ne peut plus rejoindre l’Union. Le système envisagé par Nice est  « comme une paire de pantalon trop étroite ». Jan Figel a signé le nouveau Traité de Rome pour la Slovaquie. Il avait préparé le Traité au sein de la Convention sur l'avenir de l'Europe entre 2002 et 2003, comme représentant du Conseil national de la République Slovaque.

Pour les 105 conventionnels, chargés de mettre au point le Traité Constitutionnel Européen, les modes de négociations ont évolué alors de façon capitale. L’Assemblée Constituante a permis une négociation transparente et légitime. Les conventionnels ne siégeaient ni par famille politique, ni par nationalité, mais par ordre alphabétique. L’euphorie est retombée en mai 2005, certes. Mais les réflexes de travail ont changé.

Le sauvetage la Constitution est légitime. L’initiative de la présidence allemande est d’autant plus symbolique que l’Allemagne est un pays fondateur, dont la réunification a été une base pour l’élargissement à l’Europe de l’Est. Angela Merkel a engagé des dialogues individuels avec chaque pays, des « confessions » dans le jargon européen. 

Car «l’Union Européenne, ne se limite pas à Bruxelles », les Etats y engagent leur responsabilité, leurs citoyens. La simplification mène au scepticisme, au sentiment de distance et d’incompréhension.

« Ce n’est pas le sentiment, mais bien la conscience de former l’Europe qui compte. L’Union Européenne n’est pas une petite entité quelque part. Ce sont 500 millions de personnes, libres, et réunies qui grandissent ensemble, non sans question et sans peur. L’Europe c’est la Tour de Babel.  Si l’on regarde 50 ans en arrière c’est un succès. Il ne faut pas avoir peur du plombier polonais, on a besoin de lui».

publié dans : Mesdames & Messieurs Europe
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Dimanche 28 janvier 2007

Après huit ans d'incertitude, le Kosovo pourra être indépendant. Son statut dépendra de l'Union Européenne et non plus de l'ONU, où la Russie a un droit de veto.

Voilà deux ans, que le Monténégro a proclamé son indépendance. Après deux guerres larvées (1991-1995) (1997-1999), et huit ans sous protectorat des Nations Unies, le Kosovo devrait obtenir la sienne. La province va d'abord passer sous tutelle de l'Union Européenne. (Financial Times 27/01/07)

La province très fertile, fait à peine 10 000 km2. Elle est peuplée par 2,7 millions d'habitants à 90% Albanais et à 70% musulmans. C'est une enclave non-slave en Europe du Sud-Ouest.

Pendant des siècles, les Balkans ont été sous la coupe des Empires Austro-Hongrois et Ottoman. Après la guerre de 14, la Yougoslavie a été formée sur "une mosaïque de peuples" d'origines et de religions différentes. Les Albanais du Kosovo ont toujours souhaité se ratacher à l'Albanie, comme ceux de Macédoine. L'autonomie à laquelle le Kosovo avait pu goûter entre 1974 et 1991, avant l'implosion de la Yougoslavie était  toute relative !  Aujourd'hui, les rêves de Grande Serbie et de Grande Albanie, c'est fini.

Depuis 1999, le Kosovo est découpé en 5 zones d'occupation ( sur le modèle de l'Allemagne et l'Autriche de l'après 45). Fouille au corps, quand il faut sortir d'une zone... Entre 2000 et 2002, de gros travaux structurels ont été accomplis: déminage, reconstruction des routes et des habitations...

Les tensions entre les communautés se ravivent au premier coup dur. La MINUK protège les minorités roms et serbes. Pourtant, la perspective européenne est essentielle, pour assurer les investissements et le retour au pays des réfugiés.

La Russie a réclamé un délai de trois mois avant de permettre la mise sous tutelle européenne. La Serbie, où les ultranationalistes ont fait un beau score aux législatives, est certaine de pouvoir compter sur Poutine. Les deux partis démocratiques serbes auraient pu s'unir pour peser plus lourd. La panade économique kosovarde devrait jouer en faveur de l'indépendance. Quant à l'Albanie, celle-ci a déjà assez de soucis, pour ne pas vouloir du Kosovo!

Au Kosovo, Veton Suroi, journaliste (jetez un oeil à Koha Dittore) est présenti comme l'homme de l'avenir, digne successeur du leader de l'indépendance, Ibrahim Rugova (mort en janvier 2005).

L'ami russe a peut-être protesté juste pour la forme...

Photo: La faculté de Théologie de Prizren, mise à sac lors des émeutes de mars 2004

publié dans : L'Europe en marche
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Dimanche 28 janvier 2007

Si vous êtes nostalgiques des cigarettes en chocolat, écoeurés par les grosses pralines, ex-fumeur ou simple amateur de douceurs cacaotées, ruez-vous sur les tablettes Dolfin !

Ce n'est pas seulement parce qu'une de mes amies y travaille comme "nez", que je vous en parle, mais parce que c'est excellent.

Le paquet copie ceux du tabac à rouler. Fini l'alu en lambeaux! Les goûts sont excellents: anis vert, hot masala, poivre rose.

Allez, pour une fois que je fais de la pub pour quelque chose! Laissez-vous tenter, on trouve les tablettes chez Leonidas, qui sert juste de distributeur. La maison-mère est une chocolaterie su Sud de Bruxelles, dans laquelle travaillent moins de vingt personnes. Qui goûtent le chocolat à longueur de journée...

publié dans : Le saviez vous ?
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Jeudi 25 janvier 2007

Qu'est ce qui se cache derrière le blocage de dernière minute du projet "voiture verte"?

"Le président de Commission, José Manuel Barroso, qui a supervisé le paquet énergie visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% à l'horizon 2020, traîne des pieds à la première occasion sérieuse de le mettre en pratique." rapporte l'écologiste Jos Dings, directeur de T&E (Transport et Environnement) (Euractiv 24/01/07)

La Commission a bloqué ce projet à la dernière minute- c'est très théâtral. Officiellement, il est reporté. La proposition de limiter la circulation des poids lourds le dimanche a été arrêtée subitement par Barroso à l’automne de l’année dernière sans plus d’explication, alors qu'elle était déjà en 2ème lecture au Parlement Européen.

Qui fait pression? Ce n'est pas Toyota, petit chouchou en matière d'environnement. Cette législation serait une aubaine pour attirer plus de consommateurs vers la Prius. L'ACEA (Association des Constructeurs d'Automobiles européens) est certainement à la base du conflit. Le commissaire à l'environnement Stavros Dimas sait que les enjeux sont énormes.

Quels sont-ils ? Les coûts pour l'industrie automobile seraient si important que cela pourrait causer des problèmes économiques et sociaux, du moins c'est ce que les constructeurs automobile prétendent. Une perspective qui n'est bonne ni pour l'Europe, ni pour les pays en période électorale comme la France. N'oublions pas que l'industrie automobile en Europe va mal donc est sur la défensive. Reste à prendre notre mal en patience...

publié dans : Chroniques brèves et méchantes
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Dimanche 21 janvier 2007

 

publié dans : Crapahutages
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