et d'espace...
... pour quelques articles, photos et interviews collectés au fil de lectures et de pérégrinations en Europe et en Afrique.
... pour quelques articles, photos et interviews collectés au fil de lectures et de pérégrinations en Europe et en Afrique.
Superbe site de photo, http://afriqueinvisu.org/, aller sur "Galerie".
A ne pas manquer : les photos des teinturiers au Maroc, Bamako et Mopti, Notre album Photo.
A savourer, quand on a déjà vu ces pays et qu'on a raté les studios de photos au décor tout kitsch. Petite précision: je ne connais pas ce couple de jeunes photographiés.
Photo: droit réservé
Je ne peux que vous encourager à jeter un coup d'oeil attentif aux journaux que nous avons conçus du début à la fin de nos petites mains lors du festival de théâtre de Sarrebrück. Le graphisme est l'avenir de l'écrit!
Le sacre commence sous l´orage. On imagine la chaleur pesante du début de la saison des pluies. Deux pantins s´animent dans le noir, mimant une scène de pro-création. Un film est projeté dans le fond. Ne pas y voir Adam et Eve.
« On va vous raconter des p´tites conneries, comme ça, voilà… » Emily Loizeau annonce la couleur avant de
s´installer au piano. M´selle Emily ne tient pas sur son siège, elle gigote, se cambre, sautille.Dans sa robe blanche, enfantine, elle multiplie sourires et caprices, s´arrête de jouer, lance un cri de guerre, repart à un rythme effréné. Sa voix s´éraille à la Jeanne Moreau, à la Piaf, s´assombrit sur des mouvements de boogie woogie, de blues, puis s´éclaircit sur des comptines.
Entourée de ses deux accolytes, le violoncelliste Olivier Koundouno, chaloupant et fredonnant au centre, et le batteur Cyrille Avêque sur la droite, elle
nous transporte dans un drôle de bastringue bariolé. La salle est surprise, attentive à la diversité et à la richesse des chansons. Elle applaudit chaque morceau à tout rompre.
« J´en ai mangé des guimauves, maintenant j´en ai ma dose, j´ai jeté toute ma bibliothèque rose. » Ou encore : « Je te fais cadeau d´une concession, au cimetière de Jasseron. » Les images, les fables, les jeux d´enfance inspirent le répertoire : mariage sous le préau, fée assassine, scène de jalousie. Le public roucoule.
Révélée en France avec son album L´autre bout du monde, et sa chanson du même nom qui ouvrait le concert, Emily Loizeau réussit à passer la frontière grâce à des mélodie très soignées et une verve, dans la droite lignée des grandes petites dames de la chanson française.
Pour en savoir plus sur les facéties de ce p´tit bout d´femme:
Site internet : http://www.emilyloizeau.net
Clip de Jalouse : http://www.emilyloizeau.net/index2.html
Album: L´autre bout du monde, Fargo, 26 euros
Heddy Maalem, chorégraphe franco-algérien, est à Sarrebruck pour présenter son Sacre du Printemps.Heddy Maalem s’attaque à la célébrissime partition du ballet en deux actes d´Igor Stravinsky : Le Sacre du printemps crée en 1913 au Théâtre des Champs Elysées à Paris par les Ballets Russes de Diaghilev. Les plus grands chorégraphes, de Maurice Béjard à Pina Bausch en passant par Angelin Preljocaj, d’ailleurs présent au festival l’an dernier, s’y sont confrontés.
Piqure de rappel: l’œuvre est centrée autour de la nature. Deux tableaux révèlent sa duplicité : hostile et fertile à la fois. Avec l’adoration et le sacrifice, les hommes procèdent à des rituels pour provoquer le printemps, la renaissance de la nature et une jeune femme, par définition fertile est désignée pour sauver la communauté, c´est l´Elue.
Heddy Maalem, dont la compagnie s’est installée à Toulouse en 1989, choisit de faire évoluer sur scène 14 danseurs originaires d´Afrique de l´Ouest et de Guadeloupe. La scène est transposée à Lagos, capitale du Nigeria, où explique-t-il : « on ne sait pas de quoi le lendemain sera fait ».
Nous sommes deux dans la Compagnie, nous sommes installé à Toulouse, à proximité de ma famille. Je suis un peu un franc –tireur, même si mon parcours peut sembler chaotique, il est cohérent. Je pense d’ailleurs avoir acquis un statut de chorégraphe indépendant, je suis programmé dans les danses d´auteurs. La chorégraphie d´auteur a peu de moyen, c´est les revers de la médaille. Mais nous sommes sollicités, nous répondons à des demandes. Ce sont des opportunités qui se présentent et qu´il faut saisir. Et on a aussi des projets très ambitieux. Quand on n’est pas dans l’institutionnel, il faut créer, c’est une nécessité. Il faut de la chance aussi.
Les deux. Je n’ai pas eu le choix. Il faut de la modestie parce qu’on est écrasé par le poids de la référence. Celle de Pina Bauch, celle de Maurice Béjard. Il y a des Sacre très singuliers, qui contournent la musique. Il faut voir la pièce sur la durée, parce qu´on peut créer des belles images, qui ne tiennent pas en haleine. Si on n’est pas à la hauteur de la partition, ce totem de l´art occidental. Choisir le continent africain, où l’on danse encore beaucoup, c’était un peu racler deux mondes.
La création est un échange permanent avec les danseurs, une traversée, un voyage avec des accidents. On dévale une pente, et on ne pourra pas la remonter. C´est un mouvement créateur, qu´on ne peut arrêter. Le plateau est parfois une énigme. Le groupe du Sacre se tient depuis trois ans.
C´est une aventure, comme un voyage. Un investissement d´énergie énorme, beaucoup d´angoisse à la réception à cause de critiques acerbes, comme c´est souvent le cas dans notre chère France. On m´a même taxé d´exotisme. Petit à petit, la pièce s´est imposée, on part à New York, en Russie. On ne l´a pas encore jouée en Afrique, car les infrastructures sont trop modestes, mais on pourrait le jouer en plein air comme a Châteauvallon en Provence. Au niveau artistique, c´est une grande satisfaction. D’ailleurs, le seul moment de répit dans ce métier, c´est le moment des applaudissements.
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