Mercredi 12 décembre 2007
La Cité de l’histoire de l’immigration de Paris dresse le miroir d’une France d’accueil et d’une France hostile. Imparfait mais sans angélisme
L’exposition permanente intitulée « Repères » manque sans conteste de lisibilité. Les panneaux explicatifs sont rédigés en petits caractères trop serrés. Une cohue se forme aussitôt, de quoi décourager la lecture. L’audioguide prend alors le relais, il permet une déambulation plus aisée. Photographies, films d’archive et vitrines. Chacun sa route, chacun son écoute…
La chronologie passe vite à la
trappe, sitôt survolées les planisphères explicatifs des migrations. Pas la culture en majesté, mais des témoignages tantôt bruts, tantôt esthétisés. Des souvenirs pour retracer les migrations. Une
collection qui équivaut à un hymne à l’étranger à travers les époques et les perceptions.
Des diaporamas ravivent les images de boat people, de régiments de tirailleurs sénégalais, de Républicains espagnols entassés au Perthuis. Dissidents russes, Italiens, Indiens, Marocains, Algériens, Ivoiriens, Maliens, tous soutiers des pays riches. Recrutés ou non par la France, bien ou mal traités, hébergés ou non.
De nombreux films retracent le traitement politique fait aux nouveaux arrivants. Un membre de la police des frontières livre un témoignage plus qu’amer. L’immigration aujourd’hui, c’est pour lui une salle d’attente de 35 m2 dans laquelle s’entassent 75 personnes traitées comme des moins que rien. Son quotidien au terminal B de Roissy.
Stratagème classique : des œuvres d’art contemporain surprenantes émaillent l’exposition. Choisies parce qu’elles sont justement traversées par des questionnements sur l’exode, le départ, l’intégration.
Pascal Payeur, scénographe, convient que l’exposition est perfectible. En effet, les pans sombres de l’immigration: bidonvilles, xénophobie, rejets des centres- ville sont bien mis en relief. Mais, les concepteurs ont omis de faire allusion aux migrations attenantes à la colonisation, celles des Français eux-mêmes, ainsi qu’aux guerres d’indépendances (à l’Algérie et aux harkis notamment). Un manque cruel qui sonne comme une aberration.
De nombreux colloques vont se tenir à la Cité. Espérons qu’ils rendront le maillage de l’exposition plus cohérent et combleront ce vide.
L’exposition permanente intitulée « Repères » manque sans conteste de lisibilité. Les panneaux explicatifs sont rédigés en petits caractères trop serrés. Une cohue se forme aussitôt, de quoi décourager la lecture. L’audioguide prend alors le relais, il permet une déambulation plus aisée. Photographies, films d’archive et vitrines. Chacun sa route, chacun son écoute…
La chronologie passe vite à la
trappe, sitôt survolées les planisphères explicatifs des migrations. Pas la culture en majesté, mais des témoignages tantôt bruts, tantôt esthétisés. Des souvenirs pour retracer les migrations. Une
collection qui équivaut à un hymne à l’étranger à travers les époques et les perceptions.Des diaporamas ravivent les images de boat people, de régiments de tirailleurs sénégalais, de Républicains espagnols entassés au Perthuis. Dissidents russes, Italiens, Indiens, Marocains, Algériens, Ivoiriens, Maliens, tous soutiers des pays riches. Recrutés ou non par la France, bien ou mal traités, hébergés ou non.
De nombreux films retracent le traitement politique fait aux nouveaux arrivants. Un membre de la police des frontières livre un témoignage plus qu’amer. L’immigration aujourd’hui, c’est pour lui une salle d’attente de 35 m2 dans laquelle s’entassent 75 personnes traitées comme des moins que rien. Son quotidien au terminal B de Roissy.
Stratagème classique : des œuvres d’art contemporain surprenantes émaillent l’exposition. Choisies parce qu’elles sont justement traversées par des questionnements sur l’exode, le départ, l’intégration.
Pascal Payeur, scénographe, convient que l’exposition est perfectible. En effet, les pans sombres de l’immigration: bidonvilles, xénophobie, rejets des centres- ville sont bien mis en relief. Mais, les concepteurs ont omis de faire allusion aux migrations attenantes à la colonisation, celles des Français eux-mêmes, ainsi qu’aux guerres d’indépendances (à l’Algérie et aux harkis notamment). Un manque cruel qui sonne comme une aberration.
De nombreux colloques vont se tenir à la Cité. Espérons qu’ils rendront le maillage de l’exposition plus cohérent et combleront ce vide.
CLOTILDE de GASTINES
Photo : Avec Climbing down, Barthélémy Toguo dénonce la promiscuité des foyers d’ouvriers africains.




Alger, 4 juin 1958, le Grand Charles lance à la foule malentendante:
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